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Programmation scientifique

La Chaire Marcelle-Mallet se consacre à l’étude théorique et empirique de l’action philanthropique en société, révélée par l'expression d'un souci pour autrui et son milieu, et souvent concrétisée par l'octroi de ressources privées à des fins publiques. La Chaire entend contribuer à l'élucidation des facteurs contribuant autant à l'expression de ce type d'intérêt qu’à sa stimulation, son entrave et sa concrétisation.  La qualité des relations unissant donateurs, bénéficiaires et intermédiaires aidants de tous types figure au premier plan de ses projets, à la lumière des opportunités et contraintes temporelles, financières, légales, organisationnelles et sociales des personnes impliquées. Le rayon de recherche du programme de la Chaire n'est limité ni dans le temps, ni dans le lieu. Le processus d’écoute des besoins d’autonomisation de certaines personnes au Québec y côtoie ainsi les actions menées par des investisseurs et consumocrates du monde en vue d’assurer un milieu et une qualité de vie décente à des populations lointaines, à des générations futures. Sous les pôles Philanthropie, droit et développement, la Chaire privilégie les projets de recherche intégrateurs et transdisciplinaires. Dans l'examen du développement durable de nos sociétés, les concours de l’État de droit, des entreprises et de la société civile y sont mis en évidence.

Philanthropie & Société civile*

Les membres de la société civile sont le plus souvent des acteurs privilégiés des interactions unissant donneurs et bénéficiaires - de la sollicitation du don à sa réception, en passant par l'offre volontaire et ses effets autonomisants ou revitalisants. C’est dans la prise en compte de la diversité des modes d’intervention philanthropiques que se révèle la nature de ces interactions. Le donneur, s’il ne préfère ou ne peut pas intervenir directement auprès de bénéficiaires, peut choisir de déléguer, en quelque sorte, à une tierce partie (une fondation, par exemple) la concrétisation de son désir de venir en aide ou encore de collaborer avec ce tiers, dans une mesure qui varie sensiblement, à différents égards, selon que le donneur peut consacrer plus ou moins de temps à différentes étapes de gestion courante ou de planification, qu’il s’est fait une idée précise de la nature de l’aide à offrir et des conditions de son apport, ou encore qu’il sait le rôle qu’il entend jouer au sein d’une équipe indirectement reliée aux bénéficiaires. Entre une approche ‘déléguée’ et plus pleinement ‘collaborative’, des relations complexes s’établissent entre les personnes impliquées dans l’action philanthropique, de nature à soulever de nouveaux enjeux – autour de la transparence, de l’efficience et de la responsabilité, à titre d’exemples. La programmation de la Chaire se montre particulièrement sensible, dans ce contexte, à la qualité de l’écoute des besoins (d’autonomisation ou spécifiques) des bénéficiaires, de la part des donneurs et de leurs aidants.

 * La société civile s'entend ici de l'ensemble regroupant notamment « les organisations syndicales et patronales, les organisations non gouvernementales (ONG), les associations professionnelles, les organisations caritatives, les organisations de base, les organisations qui impliquent les citoyens dans la vie locale et municipale, avec une contribution spécifique des Églises et communautés religieuses » (cf. Livre Blanc de la gouvernance de l'Union européenne)

Philanthropie & Entreprise

Les marchés privés ne servent pas uniquement de lieux d'offre de biens ou services en retour d’une compensation monétaire, mais aussi, progressivement, de lieux d’expression de valeurs philanthropiques, en contraste avec les travaux de ceux qui ne voient dans les transactions marchandes qu’un processus guidé par l’individualisme, la non-responsabilité ou les faux besoins – en bout de ligne par des consommateurs jugés tour à tour ‘aliénés’, ‘hypnotisés’ ou encore ‘manipulés’. Nous observons en revanche, au sein des marchés nouveaux, le terreau fertile d’une évaluation sociétale des produits et services, incorporant un sens collectif, des responsabilités sociales et environnementales de même que certains appels à la modération (i.e., produire et consommer mieux, au regard de critères sociétaux). Ces transformations institutionnelles des marchés, rendues possible par le droit consumocratique, l'investissement responsable, les politiques d'approvisionnement responsable imposées, etc., reposent fondamentalement sur le fait que les acteurs privés sont de plus en plus invités et peut-être enclins à considérer la valeur sociétale – et non seulement la valeur intrinsèque – des biens et services et donc aussi les intérêts d’autrui (de personnes, familles, collectivités locales ou étrangères), via divers mécanismes liés à la responsabilité sociale et environnementale de l'entreprise. C'est sans compter l'engagement volontaire de nombreux salariés et professionnels aux fins de promouvoir activement une certaine culture du don au sein même des entreprises - un volet plus interne de leur responsabilité sociale. Les relations entre ces volets interne et externe, de même que les rapprochements réalisés entre les acteurs de l'entreprise et ceux de la société civile et de l'État, sont le lieu de questionnements prometteurs. 

Philanthropie & État de droit

Les institutions étatiques abritent, à leur façon, des structures qui peuvent tantôt encourager, tantôt décourager l’action philanthropique. Ces mouvements s’étudient sous de nombreux angles. Depuis plus d'un demi-siècle déjà, soit depuis le développement de l’État-Providence, on se demande toujours s’il existe une répartition idéale ou plus appropriée des fonctions traditionnellement réservées au marché, à l’État et à la philanthropie privée dans la recherche de la satisfaction des besoins des citoyens et de leurs milieux de vie – les plus vulnérables en particulier : Cette répartition a-t-elle changé? Devrait-elle changer? L’État devrait-il se désengager progressivement là où les efforts philanthropiques donnent des résultats? Devrait-il autrement éviter un tel effet de ‘substitution’ pour agir de concert avec les agents privés? Quid des rôles respectifs des instances fédérales, provinciales et municipales, à cet égard? Comment orienter l’activité philanthropique traditionnelle, dans le contexte de réorientations de certaines activités de l’état et des marchés? Des canaux d’expressions philanthropiques doivent-ils être favorisés aux dépends d’autres, sous l’influence étatique? On a suggéré que des ‘contrats de collaboration’ entre agents privés et agents publics soient définis aux fins de répondre à certaines de ces questions et de surmonter quelques difficultés posées par la surrèglementation et la bureaucratisation excessive. Si l’idée est intéressante et mérite une étude attentive, son à-propos serait largement tributaire de l’efficience et de l'adéquation de ces contrats aux besoins spécialement exprimés (par les bénéficiaires de l’action), qui en justifieraient en outre l’existence.

Pôles et thèmes de recherche

Pôles Thèmes de recherche
Philanthropie & Société civile Sollicitation et offre du don
Réception du don, autonomisation & revitalisation
Déterminants des cultures philanthropiques
Évaluation des pratiques philanthropiques
Philanthropie & Entreprise Responsabilité sociale de l'entreprise - volet interne
Responsabilité sociale de l'entreprise - volet externe
Philanthropie & État de droit Interventions liées à la fiscalité
Interventions liées au droit protecteur et aux régimes distributifs
Interventions liées à la gouvernance